Ces ETI qui nous manquent tant…

Sur les 2,8 millions d’emplois créés en France ces dernières années, 2,3 millions l’ont été par des PME, selon un rapport du Ministère de l’Economie et Oseo en 2008. Les analystes ne cessent de répéter que ce sont elles, les moteurs de la croissance économique et de l’emploi dans notre pays, bien plus que les multinationales dont le terrain d’investissement est devenu mondial.

Et pourtant, le nombre des Entreprises de Taille Intermédiaires (ETI) est en perte de vitesse. Les ETI, ce sont ces gazelles de 250 à 5000 salariés et dont le total du bilan annuel n’excède pas 2 milliards d’euros. Fait notable: 40% des ETI nationales sont des entreprises familiales. Leur taille critique permet une performance solide à l’export, et une assise financière suffisamment stable pour pouvoir supporter le coût de l’innovation. Elles étaient 4507 en 2008, 4185 en 2009 et auraient encore perdu des troupes en 2010.

Outre les blocages financiers et administratifs qui ont été très bien pointés du doigt par des observatoires comme l’Institut Montaigne ou la DGCIS, c’est sans doute également notre culture entrepreneuriale qui est en cause: dès les bancs de l’école, les profils « atypiques » sont invités à rentrer dans les rangs, le goût de l’indépendance, la prise de risque, la capacité de rebond sont des facultés passées sous silence dans le cursus scolaire français. Jusqu’aux grandes écoles, qui favorisent largement les carrières au sein des grands groupes plutôt que les parcours salariaux au sein des PME.

Faut-il rendre obligatoire le stage en PME ou en ETI pour les élèves de grandes écoles, comme le suggère l’Institut Montaigne? Comment inciter les futurs cadres à projeter leurs talents dans les ETI de demain? Comment leur redonner l’envie de « plonger les mains dans le cambouis » et de renouer avec l’expérience d’organisations économiques à taille humaine?

Des questions abordées dans l’atelier « Entreprendre et éducation » à Valpré le 4 octobre, de 17h à 18h30. Un atelier animé par Nadine Barbottin (APEL, responsable de la commission Ecole et monde professionnel) et Patrick Gilormini (ESDES, école de management à Lyon)

3 réflexions au sujet de « Ces ETI qui nous manquent tant… »

  1. Tres bon article
    Je pense que les étudiants des grandes écoles et en particulier les élèves ingénieurs connaissent peu le monde des PME et encore moins celui des ETI.
    Organiser des témoignages de patrons de petites entreprises, venant expliquer les joies et les contraintes mais surtout la passion d’entreprendre pourrait permettre à nos jeunes d’inclure dans leur projet professionel un passage au sein d’une PME voir plus , pourquoi pas une intégration avec possibilité de s’associer à terme.

    • Exemple d’une ETI, PME familiale transmise sur 5 générations et aujourd’hui performante à l’internationale avec ses 1200 salariés, dans un secteur qui plus est malmené (le textile): le groupe Thuasne à St Etienne. Son Pdg Elisabeth Ducottet sera présente aux Entretiens de Valpré pour débattre de sa vision de l’entrepreneuriat.

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